LES PERSONNAGES CÉLÈBRES QUI ONT FOULÉ LES TERRES DU VAL DE LOIRE…


Il en est passé du beau monde sur les Terres du Val de Loire ! Au fil des siècles, de nombreux personnages célèbres ont marqué, par leur engagement, leur conviction, leur passion ou leur talent, l’histoire de notre territoire.

Voici donc, en quelques lignes, le destin de ces personnalités atypiques dont l’empreinte, indélébile, continue de nous accompagner au fil du temps…

 

SAINT-LIPHARD | vers 477 – vers 565

Fresque de Saint-Liphard

Ici aussi, on est fiers de notre Saint ! Peut-être n’est-il pas le plus connu mais il n’en est pas moins méritant…

Liphard, cousin de Clovis, né à Orléans vers 477, juge et gouverneur de la ville, renonça à de hautes charges juridiques, vers l’âge de 40 ans, puis se retira à Magdunum, la “Grande Dune” (Meung-sur-Loire, aujourd’hui) afin d’y vivre en ermite.

Il s’installa près de la fontaine, qui porte à présent son nom, et redonna vie au village amoindri. Mais il est aussi, et surtout, celui qui, avec ses disciples, assécha et endigua les marais situés au nord de la ville et créa ainsi les Mauves. Ces cours d’eau firent les beaux jours de Meung-sur-Loire grâce aux nombreux moulins qui s’installèrent sur leurs rives.

Après la mort de Saint-Liphard, en 565, une ville nouvelle grandit peu à peu autour de son tombeau… l’ermitage, devenu monastère puis école réputée, se mua en chapitre de chanoines, et l’oratoire, bâti sur le tombeau du saint moine, s’embellit en collégiale…

 


JEAN CHOPINEL, dit Jehan de Meung | vers 1240 – 1303

statue de Jehan de Meung

Son nom parle de lui-même… Jehan de Meung est bien né à Meung-sur-Loire !

Ce poète français du 13e siècle est connu pour avoir donné un second souffle au Roman de la Rose de Guillaume de Lorris, vrai chef-d’œuvre de la littérature médiévale. Il en rédigea une suite de 18 000 vers, érudite et satirique, qui, tant par son ton que par sa morale, s’oppose à ce qui la précède.

Guillaume emprunte au roman courtois la quête amoureuse dans un univers fabuleux alors que Jehan, malgré un écrit inspiré d’auteurs anciens et de dissertations théologiques et philosophiques, affiche ouvertement un mépris de la femme !

Homme cultivé et clerc à l’esprit ironique et provocant, il dédaignait les conventions de la féodalité et du romanesque. Il était souvent prompt à jeter sur les choses de l’amour un regard cynique et grivois, bien éloigné de l’idéalisme courtois.

Il s’attira les foudres de détracteurs tels que Christine de Pisan qui dénonça la muflerie de l’écrivain, défendant le sexe faible et Jean de Gerson, théologien et universitaire du 15e siècle qui lui reprocha d’attaquer le mariage et la chasteté.


JEANNE D’ARC (Sainte) dite la Pucelle d’Orléans | vers 1412 – 1431

Portrait de Jeanne d'Arc

Est-il encore besoin de présenter Jeanne d’Arc ?

Si aujourd’hui, nous, Loirétains, ne conduisons pas à gauche, ne portons pas de chapeau-melon et ne mangeons pas, au petit-déjeuner, une assiette de “beans” (haricots blancs à la tomate) ou du “bacon & eggs” (spécialités culinaires chères à nos amis d’outre-manche), c’est un peu grâce à elle, non ?

Ah bon ? Vous n’êtes pas au courant qu’au 15e siècle elle chassa l’envahisseur anglais de notre belle région ? Un petit rappel historique s’impose, alors !

Jeune héroïne française, née à Domremy (Lorraine) vers 1412, elle grandit dans une famille de paysans. Selon son témoignage, elle entendit, à 13 ans, des voix surnaturelles qui l’engageaient à délivrer la France, alors occupée en majeure partie par les Anglais soutenus par les Bourguignons, lors de la guerre de Cent Ans…

En 1428, elle rejoignit le roi Charles VII à Chinon puis, accompagnée d’une solide escorte, elle délivra la ville d’Orléans le 8 mai 1429. Cette victoire de Jeanne rendit confiance aux troupes.

Après la levée du siège d’Orléans, elle s’arrêta à Cléry-Saint-André, ne découvrant de la Basilique Notre-Dame qu’une ruine d’où émergeait la grande tour carrée, seule rescapée des ravages ennemis.

Elle se rendit ensuite à Meung-sur-Loire, où elle enleva le pont fortifié aux Anglais puis entra, victorieuse, dans Beaugency le 17 juin.
Après la victoire de Patay, elle prit Auxerre, Troyes, Châlons, s’ouvrant ainsi la route de Reims. C’est ici qu’elle fit sacrer le roi, le 17 juillet 1429, un exploit, compte-tenu du manque de sécurité qui régnait sur les routes du royaume ! Cette cérémonie confirma la légitimité de Charles VII.

Trahie, à Compiègne, par Guillaume de Flavy, elle fut capturée par les Bourguignons qui la vendirent aux Anglais pour la somme de 10 000 écus et livrée à un tribunal d’inquisition. Déclarée sorcière, elle se défendit avec simplicité et courage, et maintint que ses voix ne l’avaient pas trompée. Jeanne d’Arc fut brûlée vive le 29 mai 1431 à Rouen.

En 1449, Charles VII entra victorieux dans Rouen libéré. Ce n’est qu’en 1450, 20 ans après que Jeanne eut été vendue, que le roi, qui n’avait rien tenté pour la sauver, fit procéder à une enquête qui aboutit à un procès de réhabilitation en 1456. Elle fut béatifiée en 1909 et canonisée en 1920.

Tous les ans, à Orléans, depuis le 15e siècle, plusieurs jours de fêtes sont consacrés à la pucelle, du 29 avril au 8 mai.


JEAN D’ORLÉANS, COMTE DE DUNOIS, dit “le batard d’Orléans” | 1403 – 1468

Le Comte de Dunois

Jean d’Orléans, c’est notre héros à nous !

Ayant choisi de s’installer à Beaugency, ce noble et courageux homme de guerre français laissa en héritage à la ville un beau château, logis seigneurial qu’il occupa durant 17 ans.

Le Comte de Dunois, fidèle au roi Charles VII, combattit les Anglais aux côtés de Jeanne d’Arc et participa à la libération d’Orléans et à la décisive victoire de Patay. Ses exploits guerriers ne s’arrêtèrent pas là, il libéra ensuite la ville de Chartres et reprit Paris, également occupé par les Anglais.

Ce fut le début d’une série de victoires qui permit d’expulser les Anglais de Normandie et de mettre un terme progressif aux conséquences de la guerre de Cent Ans entre la France et l’Angleterre.

En récompense de sa bravoure, il reçut en 1439 le titre de Grand Chambellan de France avec les honneurs de prince légitime.

Très attaché à sa région d’adoption, il choisit comme dernière demeure la Basilique Notre-Dame-de-Cléry où il repose aux côtés de son épouse, Marie d’Harcourt.


FRANÇOIS DE MONTCORBIER, dit François Villon | vers 1431 – 1463

Portrait de François Villon

“Frères humains qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis…”

Extrait de “La balade des pendus ou Épitaphe de François Villon”, édition de 1489.

François de Montcorbier eut une vie de plusieurs vies ! Vie de poète, vie de bohème, vie de mauvais garçon, vie de prisonnier, vie d’exil et d’errance… On ne sait d’ailleurs toujours pas où elle prit fin, puisqu’après avoir échappé à la pendaison à l’âge de 31 ans, on perdit toute trace de lui…

Issu d’une famille pauvre et orphelin de père, très jeune, c’est Maître Guillaume de Villon, Chanoine de l’Église Saint-Benoît-le-Bétourné qui le prit sous sa protection. François, qui le considérait comme son “plus que père”, décida même de porter son nom.

Bachelier puis “Maître ès arts”, Villon mena ensuite une existence désordonnée et agitée : rixes, vols, meurtre accidentel…
Fin 1456, alors qu’il compose les poèmes en octosyllabes du Lais ou Petit Testament, il s’associe à une bande de malandrins, les Coquillards. Il est emprisonné dans les geôles de l’Évêque de Meung-sur-Loire, pour vol dans l’église de Baccon et pour appartenance à une troupe de “théâtreux” malgré son état de clerc.

Soumis aux abus d’interrogatoires violents, et destiné à une mort lente et certaine dans les oubliettes obscures du château, il ne devra sa délivrance qu’à une amnistie de Louis XI, de passage dans la ville, le 2 octobre 1461.

De retour à Paris, il écrit le Grand Testament, où il fait le bilan amer et narquois de sa vie. Fin 1462, il est conduit à la prison du Châtelet pour avoir participé à un vol. Cette fois, le Prévôt de Paris le condamne à la pendaison. Son procès lui inspire la Ballade des Pendus également intitulée “L’Épitaphe Villon”. Le 5 janvier 1463, sa peine est commuée et il est banni pour 10 ans.

Après avoir laissé ses derniers poèmes, il disparaît, ne laissant aucune trace aux historiens de la poursuite éventuelle d’un autre destin.

Son œuvre reflète sa vie, faite de contrastes violents : il ne cache rien de ce qui fait de lui un “mauvais garçon”, son amour pour une vie dissolue qu’il retrace avec un esprit, une malice et une verve admirables. Il reçut des poètes romantiques du 19e siècle le titre de “premier poète maudit”; en laissant libre cours à sa rébellion instinctive contre l’ordre des choses, Villon ouvrit la voie aux poètes modernes comme Arthur Rimbaud.


FRANÇOIS RABELAIS | 1483 ou 1494 ? – 1553

Portrait de Rabelais

Ce Monsieur Rabelais fut une personnalité peu commune, plutôt controversée et qui déclencha maintes polémiques !

Enfant du pays de Chinon, pour lequel il conserva une affection profonde, François Rabelais se servit des paysages de sa jeunesse comme théâtre d’opérations pour la fameuse guerre picrocholine qui occupe les chapitres de son célèbre livre Gargantua.

Il vécut d’ailleurs quelques temps à Saint-Ay (commune entre Meung-sur-Loire et Orléans) chez son ami Étienne Lorenz, propriétaire du Château, où il écrivit, en bord de Loire, une partie de Pantagruel.

Médecin, libre penseur, grand épicurien, maniant la parodie et la satire à la perfection, il fut pris dans la tourmente religieuse et politique de la Réforme et se montra à la fois sensible et critique vis-à-vis des grandes questions de son temps.

Ses deux premiers romans Pantagruel (1532) et Gargantua (1534) furent censurés et condamnés par les théologiens de la Sorbonne pour hérésie et impiété.

Célèbre écrivain et romancier de la Renaissance, Rabelais était un homme du “jardin de la France” qu’est la Touraine, sa terre natale, à laquelle il resta très attaché et qui fut une source d’inspiration inépuisable pour son œuvre.


JACQUES CHARLES | 1746 – 1823

Balgentien, Jacques CHARLES, fut le premier à avoir fait voler un ballon à gaz gonflé à l’hydrogène !

Jacques Alexandre César Charles est né à Beaugency en novembre 1746 (passez donc devant son ancienne maison, au 15 rue Porte Vendômoise).

Scientifique multidisciplinaire, il étudie et expérimente de nombreux domaines comme la physique et la chimie. En 1780, il réussit à capturer” de façon fugitive (sans parvenir à la fixer de façon définitive) l’image d’une silhouette sur du papier imbibé de chlorure d’argent. Cette expérience ouvrit la voie à l’invention de la photographie, que fera plus tard le Français Nicephore Niepce.

Jacques Charles savait produire du dihydrogène et expérimentait, dans ses cours, la force ascensionnelle de ce gaz en l’insufflant dans des bulles de savon.
Spécialisé dans les travaux sur les gaz, il confirma le résultat de Henry Cavendish sur l’hydrogène, 14 fois plus léger que l’air.

Lorsque la nouvelle de l’expérience d’Annonay des frères Montgolfier se propagea, il savait qu’il pourrait tirer parti de l’hydrogène pour élever des hommes dans l’air… La compétition était donc lancée entre les frères Montgolfier et Charles !

En novembre 1783, le premier vol en montgolfière, avec des êtres humains, fut réalisé et ce furent Jean-François Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandes qui décollèrent.
Dix jours plus tard, le 1er décembre 1783, Jacques Charles et Noël Robert s’envolèrent, du jardin des Tuileries, à bord d’un ballon gonflé à l’hydrogène. Ils parcoururent 35 kilomètres en 2 heures. Saisis par le froid glacial, ils atterrirent dans la nuit, dans les environs de Nesles-la-Vallée.

Cet exploit valut à Jacques Charles une grande popularité, mais il ne vola plus jamais.
C’est Charles qui conçut les appareillages qui équipent encore les ballons à gaz d’aujourd’hui : la nacelle en osier, la soupape, le filet et les suspentes, le pilotage au lest.

Pour la petite anecdote, Jacques Charles avait épousé une très jeune femme créole, Julie Bouchaud des Hérettes dont Alphonse de Lamartine s’éprit. Elle inspira au poète les célèbres vers des “Méditations” dans lesquels elle est citée sous le nom d’Elvire.


CLAUDE CHAPPE | 1763 – 1805

Portrait de Claude Chappe

Retenez bien ce nom… car Claude Chappe fut le premier entrepreneur des télécommunications dans l’histoire de l’humanité !

Né dans le département de La Sarthe, un jour de Noël de l’année 1763, il appartient à une fratrie de 7 enfants. Avec quatre de ses frères, il décida de développer un système pratique de stations de relais sémaphore.

Le désir de communiquer avec des amis qui habitaient à quelques lieues, fit concevoir au jeune physicien, en 1791, le projet de leur parler par signaux. Ces tentatives réussirent au point qu’il s’aperçut que, ce qu’il avait cru n’être qu’un jeu, pouvait devenir une découverte importante. Il fit alors beaucoup de recherches pour trouver le moyen d’exécuter son procédé en grand.

L’expérience consista à placer deux cadrans mobiles dotés d’aiguilles et de chiffres, appelés tachygraphe, installés respectivement dans son village natal de Brûlon, distant de 14 km, du village de Parcé. Cela permit d’envoyer un message dans chaque sens et ce fut une réussite authentifiée par un compte rendu officiel. Claude Chappe put, avec ces preuves de fonctionnement, se rendre à Paris pour promouvoir son invention.

Son frère, Ignace Chappe, membre de l’assemblée législative l’aida à faire adopter une ligne entre Paris et Lille de quinze stations sur environ deux cents kilomètres pour transmettre les informations de la guerre.

Les frères Chappe déterminèrent par expérimentation que les angles d’une perche étaient plus faciles à voir que la présence ou l’absence de panneaux. Leur construction définitive consistait en deux bras connectés par une traverse. Chaque bras avait sept positions et la traverse quatre soit un code total de 196 positions. Les bras avaient de un à quatre mètres de long, noirs, avec des contrepoids déplacés par deux poignées. Des lampes montées sur les bras ne furent pas d’une utilisation nocturne satisfaisante. Les tours de relais étaient placées à une distance de 12 à 25 km entre elles. Chaque tour avait deux télescopes pointant de chaque côté de la ligne.

Il nomma sa machine à signaux “télégraphe”, de deux mots grecs tele, loin, et graphein, écrire, et l’imagina avec des formes extrêmement visibles, aux mouvements simples et faciles, qui pouvait être transportée et placée partout et qui résistait aux plus grandes tempêtes. L’établissement de la première ligne télégraphique ne fut ordonné qu’en 1793.

On comprit rapidement combien l’invention du télégraphe pouvait être utile et le système fut largement copié dans les autres pays européens. Napoléon 1er, lui-même, l’utilisa pour coordonner son empire et ses armées.

Mais Claude Chappe connut une fin de vie tragique en choisissant de se suicider. Il se jeta dans un puits, victime d’une dépression causée par la maladie et des déclarations de ses rivaux selon lesquels il aurait plagié des systèmes de sémaphores militaires.

En 1846, le gouvernement français fit mettre en place un système de lignes de télégraphes électriques.
Retrouvez l’une des tours de télégraphe de Claude Chappe à Baccon, commune située à 9 km au nord de Meung-sur-Loire.


JEAN-AUGUSTE-DOMINIQUE INGRES | 1780 – 1867

Portrait du peintre Ingres

Dans la famille des célèbres personnalités magdunoises, nous demandons le talentueux peintre du néo-classicisme et du romantisme !

En effet, l’auteur des superbes courbes de la belle et gracieuse Grande Odalisque résida quelques temps à Meung-sur-Loire… Il y vint chaque année, de juin à la Toussaint, entre 1853 et 1866, avec sa seconde femme, Delphine Ramel, qu’il avait épousée en 1852, devenant ainsi le beau-frère de Jean-François Guille, notaire et Conseiller municipal de la ville.

Si sa “patrie artistique” resta l’Italie, il n’en appréciait pas moins les beaux mails de Meung-sur-Loire : “Je goûte à Meung, écrivait-il en 1856, un bonheur parfait de tranquillité et de bonne famille”. Devenu maire de la commune, il résida dans la “Maison du Change”, où une plaque apposée sur le mur de la rue porte aujourd’hui son nom.

Il offrit, également, à la Collégiale Saint-Liphard un vitrail au bas duquel le peintre est représenté en médaillon, à la gloire de Saint-Dominique (dont il portait, pour rappel, le prénom). Ce don intervint après sa nomination comme marguillier d’honneur (administrateur des biens et des revenus d’une église) de la paroisse.

Homme aux multiples talents, Monsieur Ingres avait une deuxième passion, le violon ! Plutôt doué, il en jouait fréquemment, au point de devenir deuxième violon de l’orchestre du Capitole de Toulouse. C’est ainsi, d’ailleurs, qu’est née l’expression “avoir un violon d’Ingres”, c’est-à-dire une activité à laquelle on aime se consacrer en dehors de son métier.


MARIE-JOSEPH SUE dit Eugène SUE | 1804 – 1857

Portrait d'Eugène Sue

Qui aurait pu croire que cet élève médiocre et turbulent puis dandy ruiné connaîtrait le succès et la fortune grâce à ses œuvres littéraires ?

Fils d’un médecin célèbre, chirurgien de la garde de Napoléon 1er, et filleul de la belle Joséphine de Beauharnais, il préféra la plume au caducée…

Son inspiration, il la trouva à Lailly-en-Val, charmant village à 5 km de Beaugency où il acheta le château des Bordes.

Les idées sociales et démocratiques qu’il exprima dans son premier roman-feuilleton “Les Mystères de Paris” (1843), contribua à répandre les théories humanitaires, annonçant “Les Misérables” de Victor Hugo. Vinrent ensuite “Le Juif errant” (1845) puis “Les Sept péchés capitaux” (1847).

Par la puissance et la précision de la peinture des milieux ouvriers et des abîmes humains de la société, Eugène Sue peut être considéré comme l’initiateur des Réalistes.

Il fut élu député républicain, le 28 avril 1850. Cependant, lorsque Napoléon III effectua son coup d’État le 2 décembre 1851, il dut s’enfuir. Il fut accueilli dans les États de Savoie où le roi Victor-Emmanuel II et le chef de son gouvernement étaient favorables aux idées libérales.

Il vécut à Annecy-le-Vieux de 1851 jusqu’à sa mort en 1857. C’est le colonel Charras, un autre proscrit républicain, qui assista à ses derniers instants et accomplit sa volonté d’être inhumé civilement à Annecy, “en libre-penseur”.


Jules LEMAÎTRE | 1853 – 1914

Jules Lemaître

Un Académicien repose sur nos Terres… à Tavers, plus précisément… on a même donné son nom à l’une des avenues de la commune.

Cet “Illustre”, ancien Universitaire qui s’imposa rapidement comme un chroniqueur littéraire et critique dramatique, c’est Jules Lemaître !

Hostile à toute théorie et ne se laissant guider que par son jugement, il exerça sur les ouvrages littéraires “une critique impressionniste” avec un style élégant et clair, capable d’ironie.

Lui-même dramaturge (“Le Mariage de Télémaque”, 1910), il a laissé de spirituelles “Impressions de théâtre” sur les créations françaises et étrangères de la fin du 19e siècle. Ses contes de “En marge des vieux livres” font revivre, suivant des transpositions d’une savante naïveté, des personnages des littératures gréco-latine, chrétienne, voire indienne.

Après avoir collaboré à la création, en 1899, de la Ligue de la patrie française, ligue modérée destinée à faire campagne pour la culpabilité du capitaine Dreyfus, il en démissionne en 1904. Pour mémoire, la condamnation, fin 1894, de l’accusé pour avoir prétendument livré des documents secrets français à l’Empire allemand était une erreur judiciaire. Le capitaine Alfred Dreyfus fut gracié le 19 septembre 1899 et acquitté le 12 juillet 1906.


GASTON COUTÉ | 1880 – 1911

Gaston Couté

Poète français libertaire, Gaston Couté appartient, avec Villon et Rabelais, à la famille des personnalités les plus atypiques qui ont foulé le sol des Terres du Val de Loire !

Né à Beaugency en 1880, il quitta la ville, deux ans plus tard, lorsque ses parents, meuniers, s’installèrent au Moulin de Clan, à Meung-sur-Loire.

Très rapidement, il détesta l’école et s’empressa de la quitter, avant le baccalauréat !

Il travailla, un temps, au journal Le Progrès du Loiret et commença à publier ses premiers essais poétiques dans les feuilles locales. Il eut l’occasion de les faire entendre à une troupe d’artistes parisiens en tournée et, devant leurs encouragements, il décida de monter à Paris, avec seulement cent francs en poche ; il était alors âgé de 18 ans.

Il commença à réciter ses textes dans les cabarets pour un café-crème quotidien et quelques alcools offerts par ses spectateurs…

Après plusieurs années de vaches maigres, il obtint un certain succès. Le poète Jehan-Rictus, spécialiste de l’usage de la langue argotique en poésie, le qualifiait “d’adolescent de génie… joignant une technique des plus habiles à la connaissance approfondie du métier”.

Son patois n’avait rien à voir avec une langue folklorique de carte postale, c’était la langue du paysan beauceron. La traduire serait, sans doute, trahir toute la saveur du terroir et l’esprit rebelle de ce poète en sabots. En effet, Gaston Couté était le porte-parole de la Terre, de l’Amour, de la Liberté et de la Paix.

Malheureusement, tuberculose, absinthe et privations vinrent très vite à bout de sa vie. Il mourut en 24 heures, laissant derrière lui des textes mémorables… Il est inhumé au cimetière de Meung-sur-Loire où un musée lui est consacré.

Ni grivois, ni naïf, simplement railleur et humain, il dénonce et s’engage avec verve. Il n’est pas que le poète contestataire et antimilitariste, le “Gâs qu’a mal tourné”, mais aussi et surtout celui des moissons et des labours, des tendresses, “Des Moulins Morts”.

“Meung-sur-Loire au riche passé
Au long des Mauves écoute le Moulin
Qui chanta, chanta tout le jour
Son refrain tout blanc, tout câlin,
En faisant son œuvre d’amour…”

Retrouvez l’exposition qui lui est consacrée au Musée de La Monnaye de Meung-sur-Loire.


ALAIN CORNEAU | 1943 – 2010

le réalisateur français Alain Corneau

Ce célèbre et talentueux réalisateur français est né en août 1943 à Meung-sur-Loire. Fils d’un vétérinaire, il grandit sur les bords de la Loire.

Attiré très jeune par le 7e Art, dont la passion lui a été transmise par son père, il entreprend des études de cinéma. Ses débuts de réalisateur ont été marqués par le genre policier (“Police Python 357”, “Série Noire”), se référant ainsi aux romans et films noirs, mais on lui doit aussi de belles fresques épiques et historiques (“Fort Saganne”, “Tous les matins du monde”).

Il a fait tourner les plus grands comédiens et comédiennes français, tels que Gérard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Patrick Dewaere, Bernard Blier, Catherine Deneuve ou encore Sophie Marceau…

Il décède en 2010, à l’âge de 67 ans, quelques semaines après la sortie de son dernier film “Crime d’amour”.

La ville de Meung-sur-Loire lui a rendu hommage en nommant une de ses salles de spectacles “la salle Alain Corneau”.


〉 Ils évoquèrent les Terres du Val de Loire…

Honoré de Balzac situe plusieurs scènes de son roman “Sur Catherine de Médicis” à Beaugency.

Victor Hugo place l’acte V du drame “Marion Delorme” à Beaugency.

Alexandre Dumas, dans “Les Trois Mousquetaires”, situe la première rencontre de D’Artagnan avec Milady de Winter au pont de Meung-sur-Loire.

Paul Claudel écrivait Beaugency, “vous savez, cette petite ville où j’achète toujours des andouilles” (Entretiens dans le Loir-et-Cher).

Dans le roman intitulé “Moonraker” (1955) de Ian Fleming, James Bond, à l’issue de l’aventure, pense prendre du bon temps dans un village sur les rives de La Loire : “…places like Beaugency, for instance…”.